Tableau de bord P2P No-Code
Mettre en place un tableau de bord construit avec un outil No-Code de type Power BI pour suivre les délais, les écarts, les incidents et les commandes hors canal standardisé.
Analyse du besoin et identification d’opportunités de transformation No-Code.
Ce projet est un cas fictif réalisé dans le cadre de ma formation consultant SAP avec SPROClub. L’objectif est de comprendre un contexte industriel, auditer le processus Procure-to-Pay et structurer des opportunités de transformation No-Code.
Dans le cadre de cette formation, j’ai travaillé sur le cas fictif DESKO Inc., un fabricant canadien de mobilier de bureau en bois, confronté à une période financière difficile dans un environnement très concurrentiel.
L’entreprise souhaite améliorer son efficacité et moderniser certains de ses processus. Mon rôle a donc été de réaliser un audit des processus existants et d’identifier des opportunités concrètes de transformation, notamment à travers des solutions No-Code, afin de gagner en performance et en réactivité avec des actions rapides et pragmatiques.
La présentation s’articule en quatre temps : analyse contextuelle, analyse détaillée du processus Procure-to-Pay, modélisation du processus métier et définition des objectifs de transformation.
Le secteur du mobilier de bureau en bois est un marché mature. Il a connu une forte croissance dans les années 1990, puis une dégradation structurelle à partir des années 2000 : les volumes stagnent, les coûts augmentent et la rentabilité s’effondre.
Les revenus nets du secteur passent d’environ 400 millions de dollars à seulement 50 millions en 2009. L’analyse des échanges commerciaux montre une forte augmentation des importations, notamment en provenance d’Asie, tandis que les exportations canadiennes diminuent progressivement.
Lecture : les importations progressent fortement sur la période, notamment les importations asiatiques. En parallèle, la balance commerciale se dégrade, ce qui renforce la pression concurrentielle sur les fabricants canadiens.
La crise du secteur ne vient donc pas d’une disparition de la demande. Le marché continue de croître, mais la pression concurrentielle internationale s’intensifie avec l’arrivée massive de produits à coûts plus faibles. Dans ce contexte, la compétitivité des fabricants traditionnels dépend directement de leur efficacité opérationnelle.
DESKO est un fabricant canadien de mobilier de bureau en bois créé en 1980. L’entreprise a connu une phase de croissance rapide, avec un chiffre d’affaires record de 61,5 millions de dollars, mais elle enregistre ensuite une perte nette de 2,2 millions de dollars.
DESKO fonctionne avec un modèle hybride : 70 % de production sur stock (MTS) et 30 % sur commande (MTO). Ce modèle combine volume et personnalisation, mais rend l’organisation plus complexe à piloter.
Le système d’information constitue également un frein : l’ERP installé en 1995 a été fortement personnalisé et ne couvre pas pleinement toutes les activités clés, notamment la R&D et la fabrication. La croissance passée a masqué certaines fragilités internes qui ressortent aujourd’hui dans un contexte plus exigeant.
L’analyse SWOT permet de structurer les éléments internes et externes qui influencent la performance de DESKO.
Le diagnostic montre un contraste : DESKO possède de vrais atouts industriels, mais l’entreprise est fragilisée par un manque de pilotage, un système d’information vieillissant et une performance financière dégradée.
J’ai construit un tableau d’analyse du processus métier Procure-to-Pay afin de comprendre factuellement le fonctionnement actuel, d’identifier les difficultés réelles et d’en déduire des besoins concrets.
Le tableau suit chaque étape du flux P2P, de l’expression du besoin jusqu’au paiement fournisseur. Il distingue le fonctionnement actuel, les difficultés rencontrées et les besoins associés : formalisation, traçabilité, pilotage, intégration et standardisation.
| Étape P2P | Description du processus | Difficultés rencontrées | Besoins |
|---|---|---|---|
| 1. Expression du besoin Service approvisionnement & fabrication |
Les besoins d’approvisionnement sont liés à l’organisation industrielle. L’entreprise produit à 70 % en Make-To-Stock (MTS), pour constituer du stock, et à 30 % en Make-To-Order (MTO), en réponse à une commande client. L’ERP AS/400, en place depuis 1995, supporte la gestion des stocks et les processus d’achats. | Aucune mesure formalisée de la performance du processus, responsabilités insuffisamment partagées, présence de tâches sans valeur ajoutée, organisation devant gérer deux logiques différentes : 70 % MTS et 30 % MTO. | Mettre en place des indicateurs de performance, clarifier la répartition des responsabilités, identifier et supprimer les tâches sans valeur ajoutée. |
| 2. Demande d’achat Service approvisionnement |
L’ERP supporte les processus d’achats, mais le déroulement précis de la demande d’achat n’est pas détaillé. Les activités d’approvisionnement sont intégrées dans le système ERP existant. | Absence de description du processus, manque de formalisation documentée et impossibilité de mesurer cette étape à partir des données fournies. | Formaliser clairement le processus de demande d’achat et assurer une traçabilité des demandes. |
| 3. Validation Service approvisionnement |
Aucun workflow spécifique de validation des demandes d’achat ou des commandes n’est présenté. Aucun circuit décisionnel n’est décrit dans les informations fournies. | Aucun workflow de validation décrit, absence d’indicateurs pour mesurer les délais de validation, responsabilités insuffisamment partagées. | Définir un circuit formel de validation, associer des responsabilités claires à chaque niveau et mettre en place un suivi des délais. |
| 4. Commande fournisseur Service approvisionnement |
DESKO gère 190 fournisseurs. 75 % de la valeur des achats provient de 25 % des fournisseurs. Plus de 90 % des fournisseurs sont situés en Amérique du Nord. Les commandes sont transmises par plusieurs canaux : ERP, web, fax et email. | 25 % des commandes envoyées par fax, multiplicité des canaux, ERP non accessible à la majorité des fournisseurs, ERP ancien et fortement personnalisé, intégration limitée entre l’ERP et la fabrication. | Réduire la part des commandes envoyées par fax, harmoniser les canaux de transmission, améliorer l’intégration numérique des fournisseurs et l’intégration ERP avec les autres applications internes. |
| 5. Réception marchandises Service approvisionnement |
L’ERP supporte la gestion d’inventaire, l’inspection des marchandises et le traitement des réclamations. La réception des marchandises est enregistrée dans le système. | Intégration insuffisante entre l’ERP et la fabrication. Les fournisseurs ne peuvent pas consulter les niveaux d’inventaire dans l’ERP. | Améliorer l’intégration ERP / fabrication et améliorer la cohérence et la visibilité des flux d’information. |
| 6. Enregistrement facture Service finance |
L’ERP supporte la facturation. Les activités liées au crédit, à la facturation et à la comptabilité sont intégrées dans le système. Le département finance est décrit comme très efficace. | Aucune difficulté spécifique mentionnée. Dépendance à la fiabilité des étapes amont : commande et réception. | Maintenir l’efficacité du département finance et sécuriser la cohérence entre commande, réception et facture. |
| 7. Paiement fournisseur Service finance |
Les activités de crédit, facturation et comptabilité sont gérées via l’ERP. Le paiement fournisseur s’inscrit dans le cadre comptable supporté par le système en place. | Aucun dysfonctionnement mentionné dans le document. Dépendance au bon fonctionnement global du processus. | Fiabiliser globalement le flux amont pour sécuriser le paiement fournisseur. |
Ce qui ressort, ce n’est pas un problème d’outil en soi, mais un manque de structuration et de pilotage. L’ERP est présent, mais le flux n’est pas suffisamment cadré ni mesuré.
Quatre actions stratégiques prioritaires ont été retenues : clarifier le processus et les responsabilités, mettre en place des indicateurs de performance, réduire les traitements manuels et standardiser les canaux de transmission des commandes fournisseurs.
| Action stratégique | Objectif opérationnel |
|---|---|
| Clarifier le processus et les responsabilités | Définir qui fait quoi dans le flux P2P et réduire le flou organisationnel. |
| Mettre en place des indicateurs de performance | Mesurer les délais, les écarts, les incidents et les commandes hors canal standardisé. |
| Réduire les traitements manuels | Limiter les ressaisies, les contrôles manuels et les tâches sans valeur ajoutée. |
| Standardiser les canaux fournisseurs | Réduire le fax et l’email pour sécuriser les échanges et améliorer la traçabilité. |
Après l’analyse détaillée, j’ai modélisé le processus en BPMN pour obtenir une vue visuelle et dynamique du flux Procure-to-Pay.
Le diagramme représente le déroulement complet du processus, depuis la réception de la commande client jusqu’au paiement fournisseur. Il distingue les agents/distributeurs, DESKO et les fournisseurs.
Le BPMN confirme les fragilités identifiées : allocation manuelle des stocks, transmission des commandes éclatée entre plusieurs canaux, intégration partielle entre l’ERP et certains acteurs, absence de mesure visible de performance.
Le problème principal n’est pas l’absence d’outil, mais le manque de standardisation et de contrôle. Le flux existe, mais il n’est pas suffisamment sécurisé ni piloté.
À partir du diagnostic P2P et des actions stratégiques retenues, trois solutions No-Code ont été identifiées. Elles permettent d’améliorer le processus sans refonte lourde de l’ERP.
Mettre en place un tableau de bord construit avec un outil No-Code de type Power BI pour suivre les délais, les écarts, les incidents et les commandes hors canal standardisé.
Remplacer les transmissions multi-canales par un canal unique automatisé : commande validée dans l’ERP, envoi standardisé, confirmation fournisseur et statut suivi.
Créer un espace digital décrivant chaque étape du processus, les rôles, les responsabilités, les règles et les documents nécessaires.
La matrice impact-effort permet de ne pas lancer tous les projets en même temps, mais de choisir par quoi commencer de manière logique.
Le tableau de bord apparaît comme une priorité : il est rapide à mettre en place et apporte immédiatement de la visibilité. Le référentiel P2P peut être déployé en parallèle pour clarifier les responsabilités. Le canal digital fournisseur, plus structurant, nécessite davantage d’accompagnement.
Le tableau SMART transforme les solutions en objectifs concrets, mesurables et planifiés. Il structure la démarche autour de critères spécifiques, mesurables, réalistes et temporels.
| Initiative | Spécifique | Mesurable | Cible atteignable | Réaliste | Temporel |
|---|---|---|---|---|---|
| Solution 1 - Pilotage structuré du P2P Tableau de bord No-Code |
Mettre en place un tableau de bord simple pour suivre les indicateurs clés du flux achats : délais fournisseurs, part des commandes hors canal standardisé, incidents. | Délai moyen entre commande et réception, pourcentage de commandes envoyées hors canal digital, nombre d’incidents détectés. | Réduction de 15 à 20 % du délai moyen fournisseur, suivi mensuel partagé avec la direction, visibilité claire sur 100 % des indicateurs. | Utilisation des données déjà présentes dans l’ERP. Pas de modification du système, simple paramétrage d’un outil type Power BI. | M1-M3 : création. M3-M6 : mise en place. M6-M12 : suivi et stabilisation. |
| Solution 2 - Canal digital unique fournisseur No-Code |
Mettre en place un seul canal digital pour envoyer les commandes fournisseurs et supprimer progressivement fax et emails. | Pourcentage de commandes envoyées via canal unique, pourcentage restant en fax/email, pourcentage de confirmations fournisseurs tracées. | Passer de 25 % de canaux non standardisés à moins de 10 %, 90 % des commandes envoyées via canal digital, 100 % des envois tracés. | Solution mise en place sans refonte ERP. Déploiement progressif d’abord sur les fournisseurs principaux, puis généralisation. | M3-M6 : conception. M6-M8 : mise en place et test. M8-M12 : déploiement progressif. |
| Solution 3 - Référentiel P2P digital SharePoint |
Formaliser clairement le processus achats : étapes, rôles et responsabilités accessibles à tous dans un espace partagé. | 100 % des étapes décrites, 100 % des rôles définis, validation du processus par les responsables. | Processus clair et partagé, moins de flou sur les responsabilités, base structurée pour les autres projets. | Mise en place simple via un outil type SharePoint. Travail surtout organisationnel, peu technique. | M1-M3 : conception. M3-M5 : mise en place et test. M5-M12 : suivi et stabilisation. |
Le planning montre comment les trois solutions peuvent être déployées sur 12 mois de manière progressive et maîtrisée. En méthode Agile, on avance par étapes courtes : cadrage, conception, mise en place, test, ajustement puis généralisation.
Ce travail met en évidence que les difficultés du processus Procure-to-Pay chez DESKO ne viennent pas uniquement du système d’information, même s’il est ancien et partiellement adapté.
Le diagnostic montre surtout un manque de structuration et de pilotage du flux : absence d’indicateurs, multiplicité des canaux, traitements manuels et responsabilités parfois peu formalisées.
Les solutions proposées ne visent pas à tout transformer immédiatement, mais à améliorer progressivement l’existant : mieux mesurer, mieux structurer et sécuriser les échanges.
L’optimisation du processus Procure-to-Pay apparaît comme une étape réaliste et cohérente pour renforcer la performance globale de l’entreprise.